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 | La forêt de Guédelon © F. Folcher (DR) |
Un lieu stratégique : L'emplacement d'un château au Moyen Âge n'est jamais le fruit du hasard. Point stratégique pour contrôler un axe ou une route, édifice permettant d'affirmer à la vue de tous son pouvoir et son autorité, l'implantation d'un futur château résulte toujours d'une logique précise. Dans cette perspective, Guédelon n'échappe pas à la règle. Le choix du terrain a été déterminé notamment par la ressource de ce dernier en matières premières. Au Moyen Âge, les transports coûtent chers ; les nombreuses taxes et péages peuvent faire doubler la valeur du matériau.
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 | Idole - jument percheronne (DR) |
De plus, ces transports, réalisés avec une traction animale ou sur voies d'eau, rallongent considérablement le temps de la construction. Il était donc nécessaire de trouver un terrain sur lequel les oeuvriers auraient à disposition l'essentiel des matériaux. Une forêt, une ancienne carrière de pierre, de la terre, du sable, de l'eau, il n'en faut pas plus... Un autre élément imprévu qui apparaîtra fort accommodant dès le début du projet : le toponyme de ces terrains : Forêt et Etang de Guédelon, un nom à belle consonance qui semble prédestiné pour cette aventure médiévale.
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 | Grés ferrugineux (DR) |
La pierre : le grès ferrugineux On retrouve cette pierre dans les différentes constructions locales, que ce soit dans les grands et prestigieux édifices comme le château de Ratilly mais aussi plus modestement dans les maisons poyaudines. Cette pierre contient selon les bancs de 30% à 40 % de minerai de fer, ce qui peut la rendre extrêmement dure à extraire et à tailler. En fonction de sa teneur en pigments d'ocre ou en minerai de fer, sa couleur varie entre le miel : pierre assez friable et de qualité moindre, au pain brûlé : pierre très dure. Elle est extraite directement de la carrière située au pied du château en construction.
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 | Percement des emboîtures (DR) |
Méthode d'extraction : Après avoir « lu » le bloc pour déterminer et anticiper les zones de rupture naturelles de la pierre, les carriers percent de façon rectiligne plusieurs trous appelés « emboîtures ». Des coins en métal sont ensuite placés dans ces emboîtures. En frappant par série sur les coins, l'onde de choc va provoquer une cassure franche et nette du bloc. Les plus beaux blocs, les plus durs, les plus homogènes servent à réaliser des linteaux, des voussoirs, des corbeaux, des assises de réalignement... Les blocs de moyenne qualité sont tout juste dégrossis par les tailleurs de pierre et sont affectés pour le montage des courtines et des parements intérieurs.
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 | Carriers en train de fendre un bloc (DR) |
Enfin, une économie de chantier très stricte, valable au Moyen Âge comme sur le chantier de Guédelon, veut que l'on ne gaspille pas les matériaux. C'est la raison pour laquelle, la pierre de mauvaise qualité, friable et les déchets de carrière sont mélangés à du mortier pour servir au remplissage des murs (épaisseur des murs de Guédelon : 3,50 m en moyenne). En fonction de leur future affectation dans le château, les blocs sont ensuite transportés dans les tombereaux par les chevaux jusque dans les loges de taille ou hissés en haut des courtines à l'aide des cages à écureuils. Pour certains ouvrages d'art (voûte d'ogives, fenêtres géminées...) de la pierre calcaire provenant d'une carrière toute proche est utilisée.
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 | © Guédelon |
Le bois : le chêne Le bois est un élément omniprésent dans la construction au Moyen Âge : galeries couvrant les chemins de ronde, hourds au sommet des tours, passerelles, ponts... Son caractère putrescible fait qu'il a très souvent disparu dans ses utilisations extérieures. Seules quelques charpentes ont réussi à parvenir jusqu'à nous. Dans la forêt de Guédelon, le chêne est roi. Les bûcherons abattent les arbres selon un plan de coupe précis et réfléchi : tel arbre, de telle section, de telle hauteur servira à réaliser le linteau de la cheminée ou les poutres maîtresses du logis seigneurial. Chaque abattage répond à une logique de construction définie à l'avance.
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 | © Guédelon |
La terre et l'ocre : Guédelon se situe en Puisaye, région historiquement réputée pour la qualité de ses ocres et de ses argiles qui est à l'origine d'un savoir-faire et d'une grande tradition potière. Sur le chantier, deux principales filières d'utilisation de la terre sont présentes : la terre crue, qui servira dans la fabrication du mortier et du torchis; et la terre cuite que l'on retrouvera dans les tuiles et carreaux de pavement.
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 | © Guédelon |
Le mortier : c'est la « colle » qui permet de sceller entre elles les pierres du château. Il est composé de chaux, de terre tamisée et d'eau selon un dosage précis. Il est impératif de bien respecter les proportions des différents composants ; un mortier trop « maigre » qui n'aurait pas assez de chaux serait trop friable et n'assurerait pas sa fonction de liant. Pour des raisons de sécurité, la chaux n'est pas fabriquée sur le chantier et nous parvient sous forme éteinte. Elle est stockée sous l'eau dans de grands bacs. Les oeuvriers chargés de la fabrication du mortier sont appelés : les gâcheurs.
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 | Réalisation de murs en torchis à Guédelon. |
Le torchis : la terre crue est utilisée également pour la fabrication du torchis, mixture à base de terre tamisée, argile, paille hachée et eau. Ce mélange composite servira à remplir les ossatures à pans de bois des différents ateliers.
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 | Fosse d'argile (DR) |
Les tuiles et carreaux de pavement : Des fosses d'argile recouvertes d'eau sont présentes en forêt. Les tuiliers doivent régulièrement délayer l'argile et l'eau afin d'obtenir à terme une barbotine (mélange assez fluide) Celle-ci est ensuite prélevée, nettoyée, épurée et malaxée. Elle sera ensuite appliquée dans des moules en bois pour former tuiles et carreaux de pavement. Après un temps de séchage à l'air libre, les tuiles et carreaux vont cuire pendant 4 jours et 3 nuits à une température de 1 000° environ.
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Chantier Médiéval
de Guédelon
D955 89520 TREIGNY
tél. 03 86 45 66 66 |
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